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mercredi 3 janvier 2018

A vendre, un inédit de Modiano

Page de titre du scénario de L'Instinct de mort

Voici une rareté, un texte inédit cosigné de deux auteurs que tout pouvait paraître opposer : Michel Audiard et Patrick Modiano. A la fin des années 1970, les deux hommes ont rédigé ensemble, avec l'aide de Philippe Labro, le scénario d'un film sur le gangster Jacques Mesrine, inspiré de son autobiographie L'Instinct de mort (Lattès, 1977). Le film, conçu pour Jean-Paul Belmondo et à sa demande, n'a jamais vu le jour.


De cette étonnante aventure, subsistent une suite dialoguée de 84 pages, et un découpage technique de 146 pages assorti de quelques corrections de la main de Michel Audiard. 

Ces deux documents ont été vendus aux enchères en 2016, bien après la mort de Michel Audiard (1920-1985), en même temps que de nombreux autres souvenirs du fameux dialoguiste, dont un exemplaire de Rue des boutiques obscures et un autre de Livret de famille que lui avait dédicacés Patrick Modiano

Ils sont de nouveau aujourd'hui mis en vente par Guillaume Daban et la librairie Lardanchet. 

Grand bibliophile, Guillaume Daban a constitué pendant dix ans sa "bibliothèque idéale" en littérature française contemporaine. Il a ainsi réuni des exemplaires rares - grands papiers, ou enrichis d'un envoi autographe - d'une cinquantaine de titres majeurs. On trouve dans cette bibliothèque de rêve devenue réalité un tirage de tête de La Vie mode d'emploi de Georges Perec, un exemplaire de L'Usage du Monde dédicacé par Nicolas Bouvier, un des 15 premiers exemplaires des Mots de Jean-Paul Sartre, etc. 

Patrick Modiano est doublement représenté dans ce magnifique et passionnant catalogue, préfacé par Jean Echenoz. 

Une édition originale d'Un Pedigree, dédicacée à Julien Gracq ("Pour Julien Gracq, avec toute mon amitié, Patrick Modiano"), est proposée à 2800 euros. 

Et un lot provenant de la bibliothèque de Michel Audiard associe une édition originale de L'Instinct de mort, le scénario d'Audiard et Modiano, le découpage technique, ainsi que la copie d'une lettre tapuscrite de Jacques Mesrine à Jean-Paul Belmondo datée du 20 janvier 1978. Prix de cette rareté : 3500 euros.

mercredi 30 avril 2014

Bientôt un film sur La Guerre des cancres




En 2010, Patrick Modiano avait signé la préface du livre La Guerre des cancres, Un lycée au coeur de la Résistance, de Bertrand Matot (éditions Perrin). Cet ouvrage, consacré à l’histoire du lycée Rollin (aujourd’hui Jacques-Decour), à Paris, durant la seconde guerre mondiale, donne désormais lieu à un film. Diffusion prévue sur France 3 à l'automne 2014.

Le film est signé par le documentariste Claude Ventura.  
"Dès la première séquence – une bataille de boules de neige dans la cour à l'asphalte blanchi, sur laquelle a été dessinée une croix de Lorraine –, on reconnaît la patte de celui qui signa, voilà trente ans, quelques-uns des plus beaux moments du magazine Cinéma, cinémas. Une aptitude à embarquer imédiatement le spectateur dans une histoire au centre de laquelle il inscrit sa subjectivité. « A quinze ans près, j'aurais peut-être été l'un de ces élèves », nous dit-il de sa belle voix, avant de scruter les photos de classes d'une caméra qui prolonge son regard. L'un est devenu milicien, un autre a péri à Auschwitz, un troisième a été fusillé pour avoir pris le parti de la liberté... 
La multiplicité des destins rassemblés dans une même image l'amène à s'interroger sur la place de l'individu dans l'Histoire et sur la part de l'histoire personnelle dans les orientations d'une existence. 
Modianesque dans sa façon de donner vie aux fantômes plutôt que de juger tel ou tel de ses « personnages », Claude Ventura donne à s'émouvoir autant qu'à réfléchir." 


samedi 24 novembre 2012

Modiano et l'image : un numéro spécial des French Cultural Studies

A la suite d'un colloque tenu à Dublin en 2010, la revue French Cultural Studies publie ce mois-ci un très intéressant numéro spécial, entièrement en français, consacré à Modiano et l'image (volume 23, numéro 4, novembre 2012). 

"Les récits de Modiano sont truffés de détails aux couleurs fortes et sont constellés d’objets "modianiens", de vêtements faciles à visualiser, et d’images typographiques qui naissent de ses listes et de ses transcriptions de fragments, explique Dervila Cooke, qui a dirigé ce volume. Des images mentales demeurent longtemps dans l’imagination du lecteur, resurgissant avec de petites variations de texte en texte. 
Les personnages eux-mêmes sont des revenants, surtout ce jeune homme très grand et brun qui narre la plupart des histoires et qui est hanté par le souvenir d’un père brun au manteau bleu marine et d’une mère plutôt blonde. Notre héros se promène dans Paris, sans cesse traqué par une vague menace qui pèse sur sa quête de quelque chose d’indéfinissable, et trouve des refuges temporaires dans les livres et au cinéma. Les femmes qu’il aime portent des manteaux de fourrure ou des imperméables, voire des peignoirs éponge. D’autres, parfois moins aimées, portent des pantalons d’équitation. 
La description de l’image photographique, avec sa dynamique de présence-absence, est au coeur de ces écrits, tout comme l’illusion cinématographique, qui semble offrir un peu de cohérence aux narrateurs déstabilisés, mais seulement pour la durée d’un film. 
Le présent ouvrage, le premier à se consacrer uniquement à la thématique de l’image chez l’auteur, tente de nouer certains des fils épars de ces éléments dans son oeuvre, surtout, mais pas uniquement, dans les textes récents ou plus rarement étudiés."

Outre Dervila Cooke, les 9 articles réunis ici sont signés de spécialistes tels que Colin Nettelbeck, Alan Morris, Christian Donadille, Lourdes Carriedo, Jurate Kaminskas, et Zeno Zelinsky. 

Plusieurs des articles incluent des analyses de Dans le café de la jeunesse perdue et de L’Horizon, tandis que d’autres étudient les albums illustrés. Alain Nahum, réalisateur du film Des gens qui passent, évoque, dans un entretien, cette adaptation d’Un cirque passe.

Les différents articles et la revue entière peuvent être achetés sur le site de l'éditeur, Sage Publishing, qui propose également l'accès gratuit à des résumés des articles. 
Il est également possible d'appeler l'éditeur ou de lui envoyer un mail : 
Tel: +44 (0)20 7324 8701 
peter.woolley@sagepub.co.uk 

samedi 23 juin 2012

Marguerite de la nuit vu par Patrick Modiano

Marguerite de la nuit est un film de Claude Autant-Lara, d’après une nouvelle de Pierre Mac Orlan portant le même titre. Le film, une variation sur le mythe de Faust qui a pour vedettes Michèle Morgan, Yves Montand et Jean Debucourt, est sorti en janvier 1956.
Louisa Colpeyn, la mère de Patrick Modiano, y joue un petit rôle, celui d’une comtesse russe.

Patrick Modiano cite ce film parmi ceux dont les titres l’ont fait rêver - peut-être est-ce une des raisons qui l'ont amené à choisir à son tour L'Herbe des nuits pour titre d'un de ses romans.
« C’est un peu comme les rêves de films que je faisais souvent. Je me souviens de certains titres qui me faisaient rêver, il y avait un film qui s’appelait Je reviendrai à Kandara, un autre Marguerite de la nuit, un autre Clara de Montargis – et je me disais que ce n’était même pas la peine de les voir, parce que je serais déçu. Le titre suffisait, on n’avait pas envie de dissiper le mystère » (propos tenus lors de l’émission Cinéma Cinémas 2 le 6 novembre 1990, et cités dans Les Mémoires de Gascogne).

Dans Un pedigree, Modiano évoque ses lectures de la fin des années 1950, dont Marguerite de la nuit : « Dans d’autres livres, je retrouvais le fantastique des rues: Marguerite de la nuit, Rien qu’une femme, La rue sans nom. »

A découvrir sur ce site :
-Patrick Modiano et le cinéma
-la filmographie de Luisa Colpeyn



dimanche 19 février 2012

Sacha Gordine vu par Patrick Modiano

Né à Paris le 27 février 1910 et mort le 8 juin 1968, Sacha Gordine était producteur de cinéma et passionné d’automobile.

Il apparaît à plusieurs reprises dans l’œuvre de Patrick Modiano, qui le présente comme l’un des amis de son père pendant la guerre.

Dans Villa Triste, son nom fait partie des bribes qui reviennent à la mémoire du narrateur :
"GORDINE (FILMS SACHA) : 19, rue Spontini – Paris-XVIe – KLE. 77-94.
M. Sacha Gordine, GER."
Le narrateur mentionne également l’un des films produits par Sacha Gordine, La Polka des menottes.

Dans Un pedigree, Modiano précise :
"Les personnes que j’ai identifiées parmi toutes celles qu’il [son père, Albert Modiano] fréquentait en ce temps-là, sont Henri Lagroua, Sacha Gordine, Freddie McEvoy (…)".
"On recherche Sacha Gordine, l’un des plus anciens amis de mon père, comme le montre une lettre de la direction du statut des personnes du Commissariat général aux Questions juives au directeur d’une « Section d’enquête et de contrôle » : ‘‘Le 6 avril 1944. Par la note citée en référence, je vous avais demandé de procéder d’urgence à l’arrestation du juif Gordine Sacha pour infraction à la loi du 2 juin 1941. Vous m’avez fait savoir à la suite de cette note que celui-ci avait quitté son domicile sans faire connaître sa nouvelle adresse. Or il a été vu ces jours-ci circulant en bicyclette dans les rues de Paris. Je vous serais donc obligé de vouloir bien faire une nouvelle visite à son domicile afin de pouvoir donner suite à ma note du 25 janvier dernier.’’ "
Sacha Gordine et sa société Films Sacha Gordine ont produit les films suivants :
-L’Extravagante mission (1945)
-L’idiot (1946)
-Jericho (1946)
-La Marie du port (1949)
-Un homme marche dans le ville (1949)
-Barry (1949)
-Les miracles n’ont lieu qu’une fois (1950)
-Juliette ou la clef des songes (1950)
-Gunman in the Streets (1950)
-1er mai ou Le père et l’enfant (1957)
-La Polka des menottes (1957)
-Dédée d’Anvers (1947)
-La Ronde (1950)
-Orfeu Negro (1959)
-Le Tout pour le tout (1963).

Sacha Gordine était également un grand amateur de course automobile, au point d’avoir créé sa propre société, la Société des Automobiles Gordine (SAG) pour construire une voiture de course française, au début des années 1950.
Pour en savoir plus : un forum à propos de Gordine et des voitures de course.

dimanche 15 janvier 2012

Caméra légère, par Patrick Modiano

Caméra légère est le titre d'un texte de Patrick Modiano sur le cinéma, publié dans "Libération" le 13 mars 1999, dans le cadre d'une série d'articles sur les objets du vingtième siècle. 
Le texte, disponible sur le site de "Libération", a été republié en janvier 2012 dans le "Cahier de L'Herne" consacré à Modiano


"Qu'est-ce qui décide certaines personnes, quand elles sont au carrefour du cinéma et de la littérature, à prendre un chemin plutôt que l'autre?", s'interroge notamment Patrick Modiano dans ce texte. Cette question, le jeune Modiano se l'est visiblement posée. Fils d'une comédienne, a commencé sa vie professionnelle par des "petits boulots" pour le cinéma, et a participé à la préparation de toute une série de films

Sa réponse semble tenir dans deux phrases du texte: "Mais combien d'efforts, d'énergie et de sang-froid pour vaincre toutes les lois de la pesanteur liées à l'art cinématographique. Il m'est vite apparu que, malheureusement, la caméra ne pourrait jamais avoir la légèreté du stylo." 

samedi 7 janvier 2012

Patrick Modiano à la recherche du cinéma de son enfance



Pour l'émission télévisée Cinéma Cinémas, en 1990, Patrick Modiano était parti sur les traces du Pax, un des cinémas de son enfance, rue de Sèvres, transformé en supermarché. 


La séquence est filmée par Pascal Aubier, le réalisateur du Fils de Gascogne. En arrière-plan, la bande-son du film Rio Bravo (Howard Hawks, 1959).

Rendez-vous de juillet, un film de Jacques Becker vu par Patrick Modiano




L'affiche du film
Rendez-vous de juillet est un film de Jacques Becker (1949), interprété notamment par Nicole Courcel et Daniel Gélin, qui revient à plusieurs reprises dans l'oeuvre de Patrick Modiano.

Luisa Colpeyn, la mère de Modiano, y joue un petit rôle, celui de Mme Courcel. C'est le premier film dans lequel elle tourne en France.

Patrick Modiano le signale dans Un pedigree : "En 1949, elle apparaît brièvement dans le film Rendez-vous de juillet."


Dans Quartier Perdu, une équipe tourne un film sous le même nom dans les années 1980, rue de Courcelles, sans rien savoir du film de Jacques Becker.



Juillet est aussi le mois de naissance de Patrick Modiano

Le Cercle vicieux, un film de Max Pecas vu par Patrick Modiano

Une des affiches du film Le Cercle vicieux

Le Cercle vicieux est le premier film de Max Pécas. Réalisé en 1959 d’après le roman La Mort dans l’âme, de Frédéric Valmain, il est sorti à Paris en avril 1960.

Louisa Colpeyn, la mère de Patrick Modiano, y joue l’un des rôles principaux, celui de Frieda Wromberg.

Patrick Modiano fait plusieurs allusions à ce film dans ses livres.

Dans Villa Triste, Le Cercle vicieux est le neuvième des films cités dans le programme du cinéma le Régent datant "de cet été-là", "au tout début des années soixante", programme que retrouve le narrateur presque quinze ans plus tard. "Je reverrais volontiers quelques images de ces vieux films", ajoute-t-il.

Dans Un pedigree, Modiano évoque "Robert Car, un couturier avec qui ma mère s’est liée sur le tournage du film Le Cercle vicieux, de Max Pecas, où elle jouait le rôle d’une riche et inquiétante étrangère, maîtresse d’un jeune peintre."

Synopsis du film
"Un jeune peintre figuratif, mais inconsistant, Sacha (Claude Titre), se laisse successivement enlever, presque violer et enfin épouser par une très riche, et un peu mûre, comtesse allemande, Frieda Wromberg (Luisa Colpeyn). Dès le retour du voyage de noces, il entend bien cependant continuer à s'intéresser à toutes les femmes. La sienne voyant cela s'énerve, puis l'énerve, lui, en lui faisant d'amers reproches, et il exprime la chose sans ménagements. Comme cela ne calme pas l'épouse allemande, l'époux français décide de filer avec la jeune Italienne qui partageait son existence avant l'irruption de la comtesse. Dès les premiers kilomètres, une distraction provoque un terrible accident de voiture, et la jeune fille meurt carbonisée.
Désemparé, le pauvre garçon rentre au bercail, et comme sa femme l'accueille assez mal - elle a entre temps trouvé la lettre dans laquelle il annonçait son départ - qu'elle n'énerve une fois de plus, il l'étrangle par inadvertance, pour la faire taire, puis l'enterre pas encore froide dans le jardin : tout un enchaînement de circonstances vient de lui donner l'idée et lui permet de faire croire que sa femme se trouvait avec lui dans la voiture (la jeune fille n'avait ni parents ni amis). Décontracté, l'intéressant garçon s'apprête à toucher l'héritage lorsque lui arrive une très jolie belle-fille dont il ignorait l'existence. A elle non plus il ne pourra résister.
Mais sur ces entrefaits, le détective chargé naguère par la défunte comtesse de surveiller son jeune mari se manifeste : il a compris la substitution et veut se faire payer son silence. La seule solution possible est donc de le tuer, ce qui se fait rapidement, et tout finirait très bien une fois de plus si la belle-fille, tout éprise qu'elle soit du beau-père, ne concevait quelque soupçon et ne téléphonait à la police."
(© Les fiches du cinéma 2001)

Pour en savoir plus sur le réalisateur Max Pécas, spécialiste des « séries B » s’étant essayé successivement aux polars, à l’érotisme et aux comédies bon enfant (1925-2003) :

Les films de Louisa Colpeyn (ou Colpijn)

Louisa Colpeyn dans Erotissimo
Louisa Colpeyn est la mère de Patrick Modiano. Actrice pour le théâtre, le cinéma et la télévision, elle a en particulier joué dans les films et téléfilms suivants.

Janssens tegen Peeters (1939), de Jan Vanderheyden
Titre français : Janssens contre Peeters
Sous le nom de Louisa Colpijn.
Rôle : Wieske Peeters.

Engel van een man, Een (1939), de Jan Vanderheyden
Titre français : Cet homme est un angeSous le nom de Louisa Colpijn
Rôle: Stella

Wit is troef (1940), de Jan Vanderheyden
Titre français : Blanc est favori
Sous le nom de Louisa Colpijn.
Rôle: Netty

Janssens en Peeters dikke vrienden (1940), de Jan Vanderheyden
Titre français : Janssens et Peeters réconciliés
Sous le nom de Louisa Colpijn.
Rôle: Wieske Janssens

Veel geluk, Monika (1941), de Jan Vanderheyden
Titre français : Bonne chance, Monique
Sous le nom de Louisa Colpijn.
Rôle: Monika

Rendez-vous de juillet (1949), de Jacques Becker
Rôle : Mme Courcel

Les Hommes ne pensent qu'à ça (1954), d’Yves Robert

Marguerite de la nuit (1955), de Claude Autant-Lara
Rôle: La comtesse russe

Coup dur chez les mous (1955), de Jean Loubignac
Rôle : La comtesse Olga Ivaroff

Les Collégiennes (1956), d’André Hunebelle
Luisa Colpeyn interprète un petit rôle (photo), de même que Catherine Dorléac/Deneuve et sa sœur Sylvie Dorléac

Le Cercle vicieux (1960), de Max Pécas
Rôle : Frieda Wromberg

La Mort de Belle (1961), d’Edouard Molinaro
Rôle : La mère de Belle

Bande à part (1964), de Jean-Luc Godard, avec Anna Karina.
Rôle : Madame Victoria

Au théâtre ce soir : Virginie (télévision, août 1966), pièce de Michel André
Rôle : Betty Mérignac

Au théâtre ce soir : Caviar ou lentilles (télévision, février 1967), pièce de Giulio Scarnicci et Renzo Tarabusi, adaptée par Jean Rougeul
Rôle : Ilona

Les Sept de l'escalier quinze B (télévision, 1967), de Georges Régnier
Rôle : Mme Nikolovsky

Salle n° 8 (télévision, 1967), de Jean Dewever et Robert Guez

La Vie commence à minuit (télévision, 1967), d’Yvan Jouannet

Erotissimo (1968), de Gérard Pirès
Rôle : La mère d'Annie

Mazel Tov ou le mariage (1969), de Claude Berri
Rôle : Mme Schmoll, la mère de la mariée et de sa sœur, interprétée par Régine.

Le Service des affaires classées : Une chance sur un million (télévision, 1970), de Georges Franju
Rôle : Madame Certain-Martin

Les Saintes chéries. Saison 3, épisode 3 : Eve cherche du travail (télévision, 1970), de Jean Becker

Madame êtes-vous libre? (télévision, 1971), de Claude Heymann

La Demoiselle d'Avignon (télévision, 1972), de Michel Wyn
Rôle : La marquise

Une scène de Sex-shop, avec Jean-Pierre Marielle

Sex-shop (1972), de Claude Berri
Rôle : La belle-mère

L’Alphomega (télévision, 1973), de Lazate Iglesis

Au théâtre ce soir : Le Complexe de Philémon (télévision, octobre 1973), pièce de Jean Bernard-Luc
Rôle : Olga Tatanieff

Au théâtre ce soir : Nick Carter détective (télévision, août 1974), pièce de Jean Marcillac
Rôle : Iris

Au théâtre ce soir : Le Nu au tambour (télévision, août 1975), pièce de Noël Coward adaptée par Albert Husson
Rôle : Anya

Comme du bon pain (télévision, 1976), de Philippe Joulia
Rôle : Hélène Tricot

Anne, jour après jour (télévision, 1976), de Bernard Toublanc-Michel, d’après Dominique Saint-Alban

Comme un boomerang (1976), de José Giovanni
Rôle : Madame Feldman

Emmenez-moi au Ritz (télévision, 1977), de Pierre Grimblat
Rôle : La secrétaire

Au théâtre ce soir: L'Archipel Lenoir (télévision, octobre 1977), pièce d’Armand Salacrou
Rôle : La princesse

La Belle emmerdeuse (1978), de Roger Coggio
Autre titre : On peut le dire sans se fâcher
Rôle : Melle Desmarais

Un ours pas comme les autres (télévision, 1978), de Nina Companéez
Rôle : La mère d'Anne

Madame le juge, épisode Un innocent (télévision, 1978), de Nadine Trintignant
Scénario et dialogue: Patrick Modiano 
Rôle : Yvette Werner.

Au théâtre ce soir: Hold Up (télévision, mars 1980), pièce de Jean Stuart et Michel Voccoret, réalisation Pierre Sabbagh
Rôle : Simone

La Mort en sautoir (télévision, 1980), de Pierre Goutas, avec Danielle Darrieux
Rôle : Valérie

Au théâtre ce soir : Ninotchka (télévision, mars 1982), pièce de Melchior Lengyel adaptée par Marc-Gilbert Sauvajon
Rôle : la princesse Stéphanie

Merci Sylvestre : L’Homme de ménage (télévision, janvier 1983), de Serge Korber, sur un scénario de Jean-Jacques Tarbès et Christian Watton
Rôle : Ludmilla

Merci Sylvestre : Merveilleuse Daphné (télévision, janvier 1983), de Serge Korber, sur un scénario de Jean-Jacques Tarbès et Christian Watton
Rôle : Ludmilla
Marguerite de la nuit (1955)

Les Collégiennes (1956)

Générique de Bande à part (1964)
Comme un boomerang (1976)

mercredi 28 décembre 2011

Bon voyage, un film de Rappeneau cosigné par Modiano



Bon voyage
est un film français de Jean-Paul Rappeneau, sorti le 16 avril 2003.
Au générique: Isabelle Adjani, Virginie Ledoyen, Gérard Depardieu, Grégori Derangère, Yvan Attal…
Le film, une comédie, décrit les derniers jours de la IIIème République, lorsque le Tout-Paris (politiques, financiers, vedettes…) se retrouve précipitamment en exode à Bordeaux en juin 1940.

Patrick Modiano a écrit une première version du scénario, "un récit d’une cinquantaine de pages", retravaillé ensuite par d’autres scénaristes : Gilles Marchand, Jérôme Tonnerre, Julien Rappeneau (fils du cinéaste).
A ce titre, Patrick Modiano et ses coscénaristes ont été "nominés" pour le César 2004 du meilleur scénario original, finalement attribué à Denys Arcand pour Les Invasions barbares.
Jean-Paul Rappeneau : "Je me souviens du travail avec Modiano comme d’un moment particulièrement joyeux. Il ne passe pas pour un comique, mais nous n’avons pas cessé de rigoler" (interview au "Monde", 14 août 2002)
"Le film est né de nos différences. Patrick a eu très vite une certaine idée de l’histoire, et comme il n’arrivait pas à l’expliquer complètement, moi je finissais ses phrases. Il disait : ‘Oui, alors, euh… elle pourrait, enfin, euh… elle pourrait…’ Je piaffais : ‘Elle pourrait… le tuer?’ ‘Oui, euh, c’est ça…’ " (propos rapportés par "Télérama", 16 avril 2003).

Patrick Modiano : "Je connaissais bien le climat de ces moments-là. Plus jeune, je voyais beaucoup Emmanuel Berl, qui avait vécu ces quelques jours à Bordeaux. Il m’avait raconté cet entassement du Tout-Paris, ces mondains, figurants ridicules d’une villégiature forcée. On a discuté longtemps avec Jean-Paul, j’en ai tiré un récit d’une cinquantaine de pages. J’ai été fasciné par sa technique, diabolique, d’entrecroiser les anecdotes, les personnages. C’est un peu le contraire d’un roman, cette complication. C’est horrible à dire, mais, dans un roman, on peut s’en tirer à meilleur compte, on peut utiliser la suggestion. Pas au cinéma. Jean-Paul entrelaçait sans perdre le fil, dans des arabesques incroyablement fluides, comme le serti d’un joailler" ("T
élérama", 16 avril 2003).

Le Fils de Gascogne, un scénario cosigné par Patrick Modiano




Le Fils de Gascogne est un film français de Pascal Aubier (1995), sur un scénario de Pascal Aubier et Patrick Modiano.
Avec Laszlo Szabo, Grégoire Colin, Jean-Claude Dreyfus, Pascal Bonitzer, etc.
Durée : 1h40.

Synopsis
Harvey, jeune provincial et guide à l’occasion, accueille à Paris une troupe de chanteurs géorgiens venus pour quelques jours donner des concerts. Au cours d’un repas dans un restaurant, un client affirme reconnaître en Harvey le fils de Gascogne, figure centrale et séduisante du cinéma et de la vie parisienne des années 1960.

En 1996, après la sortie du Fils de Gascogne, le réalisateur Pascal Aubier a publié un livre intitulé Les Mémoires de Gascogne, sous-titré Promenades à travers le cinéma des années soixante-soixante dix en France, en URSS et en famille (éditions Sybarite – Yellow Now).
Le livre comporte de nombreuses photographies, notamment du film Le Fils de Gascogne.

Dans ce livre, constitué en partie de conversations avec Bernard Eisenschitz, Pascal Aubier revient sur son film et plus largement sur l’ensemble de sa carrière.

Pascal Aubier évoque en particulier la façon dont il a travaillé avec Modiano.
"Quand on a commencé à bavarder avec Patrick Modiano, comme ça, sans aucun projet, c’était juste parce qu’on se voyait assez souvent du fait que nous habitions le même immeuble. (…) En parlant de cette époque, on a commencé à s’apercevoir qu’on s’était croisés de nombreuses fois sans jamais se rencontrer vraiment, que nos mères –Louisa Colpeyn et Zanie Campan- étaient toutes les deux comédiennes, qu’elles étaient dotées de personnalités peu banales, que nous n’avions plus de père ni l’un ni l’autre… et que ça faisait un grand vide."


Le livre comporte aussi de longs extraits des propos sur le cinéma tenus par Patrick Modiano dans le cadre de l’émission "Cinéma Cinémas" 2, le 6 novembre 1990.
Notamment : "C’est un peu comme les rêves de films que je faisais souvent. Je me souviens de certains titres qui me faisaient rêver, il y avait un film qui s’appelait Je reviendrai à Kandara, un autre Marguerite de la nuit, un autre Clara de Montargis – et je me disais que ce n’était même pas la peine de les voir, parce que je serais déçu. Le titre suffisait, on n’avait pas envie de dissiper le mystère."

A voir aussi : Patrick Modiano sur les traces du cinéma de son enfance, par Pascal Aubier
Le site internet de Pascal Aubier
Les autres scénarios de Patrick Modiano

Le livre de Pascal Aubier
Le scénario original

Un innocent (Madame le juge), un scénario signé Patrick Modiano

Photogramme du film Un innocent
Un Innocent est le titre d'un film de télévision réalisé en 1975 sur un scénario de Patrick Modiano, dans le cadre de la série Madame le juge. 

Cette série télévisée policière a compté six épisodes mettant en scène Simone Signoret, Michel Vitold, François Perrot, Didier Haudepin, et Jean-Claude Dauphin.
Simone Signoret, une des premières vedettes de cinéma à accepter de tourner pour la télévision, y incarnait la juge Elisabeth Massot, une femme d’une cinquantaine d’années qui mène ses instructions avec fermeté mais compassion, et réussit toujours à faire éclater la vérité.

Patrick Modiano a écrit le scénario et les dialogues de l’épisode Un Innocent, réalisé par Nadine Trintignant.
Cet épisode est également interprété par Philippe Léotard, Juliet Berto, Etienne Chicot, Marie Trintignant et Pierre Vernier, ainsi que par Luisa Colpeyn, la mère de Patrick Modiano.


"Troisième scénariste à s’atteler à un épisode après Alphonse Boudard et Pierre Dumayet, Modiano n’en réussit pas moins à transplanter ici encore une partie de son univers. Plutôt qu’Un innocent, ce téléfilm tragique quoiqu’un peu simpliste et longuet pourrait s’intituler une fois de plus Albert a des ennuis! Non seulement le personnage principal porte le prénom du père de Modiano, le nom d’un des vieux amis de celui-ci, Paulo Guerin, et tente d’échapper aux griffes de la police. Mais il triche aussi sur son âge, comme Modiano lui-même à l’époque. Et cet ex-légionnaire, nostalgique du maréchal de Lattre, du baroud et des hymnes militaires, ressemble par plusieurs traits à l’ancien du bled Guy de Marcheret, personnage marquant des Boulevards de ceinture. De plus, les souvenirs d’enfance à Beauvais de cet Albert Guérin coïncident parfaitement avec ceux de Patrick Modiano à Jouy-en-Josas, tels qu’ils seront évoqués dans Rue des boutiques obscures et Remise de peine".
(Denis Cosnard, Dans la peau de Patrick Modiano, Fayard, 2011)

Des gens qui passent, une adaptation de Modiano




Des gens qui passent est un film de télévision réalisé par Alain Nahum. Il s’agit d’une adaptation du roman de Patrick Modiano Un cirque passe. Le scénario est signé Jacques Santamaria.
Durée : 1 heure 34 minutes.
Première diffusion le vendredi 20 novembre 2009 à 20h35 sur France 2.

Les interprètes : Laura Smet (Marie), Théo Frilet (Jean),Hippolyte Girardot (Grabley), Gilles Cohen (Pierre Ansart),Thomas Jouannet (Jacques de Bavière), Jean-Michel Dupuis (un inspecteur), Laurent Bateau (Guelin), Charley Fouquet (Hélène Blanchard), Gabrielle Forest (Dora), Claire Perot (Sylvette)...

Patrick Modiano est "un écrivain majeur, à l’univers très personnel, qui a été peu adapté au cinéma et jamais à la télévision, et il me semblait intéressant, à une époque où l’on parle d’amener le patrimoine à la télévision française, de tenter l’aventure", dit le réalisateur, Alain Nahum.
"Deux livres en particulier m’avaient marqué, Rue des boutiques obscures, que je n’ai pas renoncé à adapter peut-être un jour, et surtout Un cirque passe, qui me semblait très cinématographique et me parlait de manière intime. C’est une histoire des années 60, ces années qui m’ont constitué en tant que personne, qui ont formé ma cinéphilie, et j’y voyais tout un tas d’échos : les films de Melville, Godard, Truffaut, etc., le Saint-Germain-des-Prés existentialiste, l’univers du polar, l’ombre de la guerre d’Algérie et de l’OAS…, on y parle de partir en Italie, comme on rêvait tous de le faire alors. C’est à la fois un roman d’initiation, une sorte d’A bout de souffle à l’envers et un polar existentiel."

"Modiano inadaptable ? Rien de ce qui avait été tenté jusque-là autour de l'auteur de Rue des boutiques obscures et de La Place de l'Etoile n'avait été très convaincant. Moshe Mizrahi avait totalement raté Une jeunesse, Manuel Poirier avait transposé Dimanches d'août en le fondant dans son propre univers, et même Patrice Leconte n'avait que partiellement séduit avec Le Parfum d'Yvonne, tiré de Villa triste et dont le maître avait été mécontent au point d'exiger que le titre en fût changé. Il semblait que la matière même de ces livres fugaces, faits de fausses intrigues policières, de mystères entrelacés, d'atmosphère liée purement à l'écriture, ne soit réfractaire à l'image. Alain Nahum prouve que, même si elle n'est pas totale, la réussite est possible."(Hubert Prolongeau, "Le Nouvel Observateur", novembre 2009)

A découvrir sur le site tvmag.com: une présentation vidéo de ce téléfilm par ses deux principaux acteurs, Laura Smet et Théo Frilet.

lundi 26 décembre 2011

Charell, un film de Mikhaël Hers d'après Patrick Modiano

Une scène du film
Charell, un moyen métrage de 45 minutes, est le premier film de Mikhaël Hers.

Il est librement adapté du chapitre XI du roman De si braves garçons (1982). Le narrateur, Patrick, y retrouve par hasard à la gare du Nord l’un de ses anciens camarades de collège, Charell. Ce dernier l’entraîne dans un appartement meublé du quartier, dans lequel il amène des filles. Quelque temps plus tard, Charell est retrouvé dans cet appartement, blessé par deux balles de revolver…

"Ce chapitre m'a inspiré parce qu'il s'y jouait tout ce qui anime ‘‘l’univers Modiano’’ (dimension impressionniste et mélancolique), mais qu'il était également empreint d'une violence plus sourde", explique Mikhaël Hers.

Terminé en 2006, le film a été présenté au festival de Cannes en mai, dans le cadre la Semaine internationale de la critique.

Le film est interprété par Jean-Michel Fête, Marc Barbé, Anicée Alvina, Dinara Droukarova, Marie Kremer, Pierre Louis-Calixte et Philippe Suner.
Scénario de Mikhaël Hers et Mariette Désert, d’après Patrick Modiano.
Production: Les Films de la Grande Ourse (Florence Auffret).
Coproduction : Les Films du Dimanche.

Après des études de sciences économiques et de socio-anthropologie, Mikhaël Hers a intégré la Fémis à Paris. Depuis sa sortie de l’école en 2004, il a produit un documentaire de Show-Chun Lee et les courts métrages de Darielle Tillon et Martin Rit. Charell est son premier film.
Depuis, Mikhaël Hers a notamment réalisé en 2010 un long métrage intitulé Memory Lane, sans être pour autant une adaptation du livre de Modiano qui porte ce titre.


Le parfum d’Yvonne, un film d'après Villa Triste de Patrick Modiano




Le Parfum d'Yvonne
, de Patrice Lecomte est une adaptation du roman de Patrick Modiano Villa Triste (1975). 

Produit en 1993, le film est sorti le 23 mars 1994.
Durée : 1h29.

Les principaux acteurs sont :
Hippolyte Girardot (Victor Chmara)
Jean-Pierre Marielle (le docteur René Meinthe)
Sandra Majani (Yvonne Jacquet)
Richard Bohringer (l’oncle Roland)
Paul Guers (Daniel Heindrickx)
Corinne Marchand (la patronne de la pension des Tilleuls)
Philippe Magnan (Pulli)
et Claude Dereppe (Roger Fossorié).
"Avec Le Parfum d'Yvonne (1993), Patrice Lecomte affirme un certain goût pour l'insolite. Il conserve la trame du roman de Patrick Modiano Villa Triste, mais s'approprie le style et en fait un film personnel où la langueur de l'été se mêle à la tristesse d'un présent sans avenir." (source : Encyclopédie du cinéma Bifi)

Apprécié par certains, Le Parfum d’Yvonne a néanmoins constitué un relatif échec commercial, avec seulement 158.836 entrées lors de sa première exploitation en France. Rien de commun avec les scores triomphaux de certains autres films de Patrice Lecomte, comme Les Bronzés (1978), Viens chez moi, j'habite chez une copine (1980) ou plus tard Ridicule (1995).

Dans un entretien à la revue "Ecran Noir", Patrice Lecomte s’est expliqué sur cet échec et celui de son film suivant, Les Grands ducs :
"Deux gros échecs. Là c'était une mauvaise passe, comme on appelle ça. Le Parfum d’Yvonne, c'était le plus gros échec. Mais, il y a des choses qui m'ont échappé dans Le Parfum d’Yvonne, il y a des choses que je reprocherais toute ma vie aux producteurs. Il y a des choses qui sont devenues pas bien par leur faute. Et je n'avais plus de force, je n'arrivais plus à me bagarrer. Ça m'a servi de leçon pour le restant de mes jours. Il faut avoir des forces jusqu'au dernier moment. Pour se bagarrer à tout prix, pour essayer de faire valoir tout ce qu'on veut faire.
Le problème du Parfum d'Yvonne... Je voulais faire délibérément peut être pas un film érotique, mais un film sensuel. Un film qui soit purement et simplement l'expression de la sensualité. La lumière, de la peau, de l'odeur, du plaisir de ne rien faire,... enfin bon tout ça.
Et j'ai trouvé chez Modiano l'écho de ça, avec ce joli livre que j'aimais depuis longtemps; j'y trouvais quelque chose d'infiniment languide dans ce bouquin, dans ce personnage d'Yvonne, aussi. Et à l'arrivée, un peu en me laissant, aller à ça, j'ai fini par faire un film... esthétisant, presque.
Il y a des gens qui adorent ce film. Je rencontre des gens qui me disent qu'ils aiment ce film, que c'est mon meilleur film, qu'il ne faut pas que je dise ça, etc. Je sais quelles sont les limites de ce film là. En revanche, dans Le Parfum d’Yvonne, je sais tout ce que j'adore, et tout ce que j'adore c'est ce qu'il y a autour de Jean-Pierre Marielle. Parce que je le trouve gé-ni-al.
L'échec du Parfum m'a rendu triste, mais je dois dire que j'ai assez vite compris pourquoi les gens n'aimaient pas le film. Pourquoi le film, on n'aurait pas du le faire ou pas comme ça,... j'ai assez vite digéré ma douleur, ma tristesse en me disant que c'était normal. « C'est bien fait pour moi ! » Enfin vous voyez ce que je veux dire..."

Pour lire l’entretien complet.

On trouve sur le site cineclap un amusant relevé des références au cinéma des années 1950 dans Le Parfum d’Yvonne.




Généalogies d’un crime, avec Patrick Modiano



Généalogies d’un crime est un film français de Raoul Ruiz, sorti le 26 mars 1997, avec Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Melvil Poupaud, Andrzej Seweryn, Bernadette Lafont, Monique Melinand, Hubert Saint-Macary, Mathieu Amalric… et Patrick Modiano. 

Durée: 93 minutes
Ours d’argent au festival de Berlin 1997
Scénario : Pascal Bonitzer.
Producteur : Paolo Branco.

Patrick Modiano interprète dans ce film un petit rôle, celui de l’ex-mari de Catherine Deneuve. Il apparaît au crématorium, quand on incinère son fils, mort dans un accident de la route [comme Françoise Dorléac, la sœur de Catherine Deneuve].

L’idée de proposer ce rôle revient à Catherine Deneuve.
"Il se trouve que le rôle était court et c’était celui d’un écrivain. J’ai donc pensé à Modiano à cause de sa fragilité, de son côté décalé, de sa nature d’éternel rêveur, et j’ai aimé le sentir à mes côtés. (...) Je trouve Modiano extraordinaire avec son petit foulard, ses lunettes noires, ses grands airs à la fois empruntés et protecteurs. (…) Au même moment, c’est vrai, il écrivait ce texte sur ma sœur. Il y a beaucoup d’inconscient dans cette scène !"
(Interview de Catherine Deneuve au "Nouvel Observateur", 1997).

Patrick Modiano : "C’était la première fois que je faisais l’acteur, sûrement la dernière d’ailleurs… Mais les lieux ont une telle importance pour moi… J’étais impressionné que le tournage se passe dans cet hôpital psychiatrique de Ville-Evrard, où Artaud a été interné… Je crois beaucoup à ce genre de coïncidence, qu’il ait lui-même tourné dans des films et qu’il ait été enfermé là, c’est étrange… Et puis, on entendait des hurlements pendant qu’on tournait, il y a des malades encore maintenant, je me disais que ce n’était pas un hasard et tout ça se mélangeait dans ma tête… Mais ce que j’aimais, c’était l’attitude de Raoul Ruiz, il gardait toujours son calme, n’élevait jamais la voix, il avait une certaine douceur… comme les plus grands metteurs en scène, je crois."(Interview aux "Inrockuptibles", 1997).

Pour en savoir plus sur Patrick Modiano et le cinéma

dimanche 25 décembre 2011

L’histoire d’un salaud, par Patrick Modiano

Une image de L'Histoire d'un salaud
L’histoire d’un salaud / un salaud dans l’histoire est le titre d’un film court (19 minutes) de Bastien Ehouzan, proposé en bonus dans le DVD de Lacombe Lucien (Arte vidéo, 2005).

Il est composé de deux interventions, l’une de Patrick Modiano, scénariste du film, la seconde de l’historien Pierre Laborie.
Seul face à la caméra, un œil sur un texte qu’il a écrit pour l’occasion, Patrick Modiano évoque ici longuement Lacombe Lucien, trente ans après la sortie du film.
Il détaille d’abord son travail avec Louis Malle, à partir d’un synopsis d’environ 8 pages proposé par le réalisateur, et explique pourquoi, à son avis, Malle a fait appel à lui :
"Maintenant que le temps a passé, on s’aperçoit au fond que ce sont les gens de ma génération, c’est-à-dire ceux qui sont nés en 44-45, et qui sont un peu le fruit de l’Occupation, qui ont mis à jour les non-dits et les secrets de cette période, qui ont même sorti les cadavres des placards, sans doute parce que dès leur enfance, ils sentaient qu’il y avait un malaise dans l’air et que leurs parents, qui avaient été les contemporains de cette période, ne crachaient pas vraiment le morceau ou s’abritaient derrière une légende, une langue de bois ou un silence."

Patrick Modiano revient ensuite sur plusieurs des éléments qui expliquent le choc causé par la sortie de Lacombe Lucien : le personnage de Lucien, mais aussi le fait que ce film sur l’Occupation soit l’un des premiers à montrer des juifs "de manière frontale", et qu’il soit en couleurs.

Une jeunesse, de Moshe Mizrahi


Une jeunesse est un film du réalisateur Moshe Mizrahi tiré du roman de Patrick Modiano portant le même titre.


Patrick Modiano est crédité comme auteur de l’œuvre originale, coauteur du scénario avec Moshe Mizrahi, et dialoguiste.
Né à Alexandrie (Egypte) en 1931, Moshe Mizrahi avait déjà adapté au cinéma le roman de Emile Ajar/Romain Gary La vie devant soi.
Pour Une jeunesse, le producteur délégué est Jean-Claude Fleury, le producteur exécutif Serge Laski.  

Produit en 1981, le film est sorti en France le 15 juin 1983.  

Les principaux acteurs sont :
Ariane Lartéguy (Odile)
Patrick Norbert (Louis)
Jacques Dutronc (Brossier)
Charles Aznavour (Bellune) 
Michael Lonsdale (Béjardy)
Jean-Claude Dauphin (Vietti)
Marie-Christine Descouard (Nicole)
Henri Tisot (l’obsédé).

Synopsis
C'est l'anniversaire d'Odile. Après la fête, son mari raccompagne à la gare de Genève un ami venu les voir pour l'occasion. Le train part et, en passant devant la cafétéria, Louis se souvient... 1965. Il a vingt ans, il est orphelin (son père champion cycliste est mort avec sa mère dans un accident de voiture), il vient de terminer son service militaire. En gare de Saint-Lô, où il attend le train pour Paris, il rencontre Brossier. Ils fêtent son départ de la caserne, et Brossier lui promet de l'aider à trouver du travail à Paris. Quelques jours plus tard, Brossier doit repartir en province, envoyé par Béjardy avec lequel il travaille. Louis l'accompagne à la gare et, au buffet, il rencontre Odile. Elle a aussi vingt ans. Elle a enregistré un disque aidé par Bellune qui vient de se suicider. Elle est effondrée et se sent très seule, également orpheline (mère prostituée et fichée par la police, père inconnu).
Louis s'installe chez elle. Brossier le présente à Béjardy qui l'embauche comme veilleur de nuit dans son entreprise de location de voitures de maîtres! Odile fait des démarches auprès de maisons de disques et, après certaines compromissions, obtient un contrat dans un cabaret dont elle sera très vite renvoyée vu son manque de talent. C'est là qu'elle fera la connaissance de Brossier et Béjardy venus l'applaudir. Et ce dernier la charge d'une mission spéciale avec Louis: passer en fraude cinquante mille francs en Angleterre.

Aussitôt dit, aussitôt fait. A leur retour, Brossier leur annonce que, dorénavant, il ne travaillera plus avec Béjardy. Et il conseille à Louis d'en faire autant. Pourtant Louis accepte avec Odile de reporter une même somme en Suisse. Où Béjardy les attendra, décidé d'ailleurs à fuir définitivement l'Europe. Auparavant Louis l'aide à liquider son entreprise. Et il découvre un article de journal révélant que Béjardy est un assassin. Raison supplémentaire pour pousser Odile et Louis à garder le magot après passage de la frontière.

mardi 29 novembre 2011

Lacombe Lucien, un scénario cosigné Malle-Modiano

L'édition originale du scénario

Le scénario écrit par Louis Malle et Patrick Modiano pour le film de Louis Malle Lacombe Lucien a été publié en février 1974 par les éditions Gallimard (collection blanche, 144 pages).
Ce texte correspond à un état intermédiaire du film, le manuscrit ayant été figé avant la fin du montage.

Ce scénario a été republié en novembre 2008 dans la collect
ion de poche de Gallimard FolioPlus classiques (224 pages).
En plus du texte intégral du scénario, cette édition comprend un dossier réuni par Olivier Rocheteau, agrégé de lettres modernes, incluant deux courtes biographies de Louis Malle et Patrick Modiano, une présentation du contexte (la remise en cause des mythes réparateurs de la seconde guerre mondiale), et une histoire de la construction du scénario.
Le livre propose aussi une « lecture d'image » par Olivier Tomasini, architecte et licencié de philosophie, qui oppose l’ « authenticité » de Lacombe Lucien au caractère « artificiel » d’une photographie prise par André Zucca au jardin du Luxembourg en 1942 (celle reproduite sur la couverture du livre). Ce que ne mentionne pas cette analyse picturale, c’est qu’André Zucca est justement le père de Pierre Zucca, qui fut le photographe de plateau de 
Lacombe Lucien avant de devenir réalisateur.

Présentation par l’éditeur :
« En juin 1944, dans le Sud-Ouest de la France, un jeune paysan de dix-huit ans va successivement partager la vie d'une bande d'auxiliaires français de la Gestapo et ensuite la bizarre vie de famille d'un tailleur juif parisien. Plus qu'un tableau de la France sous l'Occupation, c'est l'histoire d'une jeune garçon qui, avec son amoralité candide et son appétit de vivre, ignorant toute idéologie, pourrait être un jeune homme d'aujourd'hui. »

A lire aussi
La restauration du script de Lacombe Lucien, par Bertrand Keraël (sur le site de la Bifi).

Un extrait du script

L'édition de poche du scénario