mercredi 28 janvier 2015

Patrick Modiano annonce la mort de sa mère

Luisa Colpeyn en 1958, photo dédicacée extraite d'un programme des tournées Baret

La comédienne Luisa Colpeyn, mère de Patrick Modiano, est morte le 26 janvier 2015. Son fils l'a annoncé dans un avis de décès publié dans Le Monde et Le Figaro datés du 29 janvier. 


Louisa Colpeyn avait 97 ans. Elle était née en février 1918 à Anvers, en Belgique, dans une famille de dockers, les Colpijn. 

Avant la guerre, alors qu’elle avait tout juste vingt ans, elle s'était fait remarquer par l’un des principaux cinéastes et producteurs flamands de l’époque, Jan Vanderheyden. Dans son studio d’Anvers, elle avait enchaîné cinq films. Patrick Modiano évoque cet épisode dans Livret de famille, ainsi que dans son autobiographie Un Pedigree.


Après des fiançailles rompues avec un jeune Bruxellois, elle avait quitté la Belgique pour la France, où elle était arrivée en juin 1942. À Paris, elle s’était installée dans une chambre au 15, quai Conti. Durant la guerre, elle avait travaillé à la Continental-Films, la plus importante société de production française de l’époque, installée sur les Champs-Élysées.

Quelques mois après son arrivée à Paris, un soir d’octobre 1942, elle avait fait la connaissance d’Albert Modiano chez une de ses amies.

Deux enfants sont nés de cette union : Patrick, en 1945, puis Rudy, en 1947. 

Après guerre, Louisa Colpijn devenue Colpeyn avait essentiellement joué des seconds rôles au théâtre, au cinéma (Rendez-vous de Juillet, par exemple) et à la télévision. On l’aperçoit ainsi dans Un Innocent, un épisode de la série Mme le juge, avec Simone Signoret, sur un scénario de… Patrick Modiano. 

                 A lire aussi : les films de Louisa Colpeyn

Luisa Colpeyn et Albert Modiano s'étaient séparés au début des années soixante, alors que Patrick Modiano avait une quinzaine d'années, et que son frère Rudy venait de mourir.

Patrick Modiano a dédicacé son roman La Ronde de nuit (1969) à sa mère. 

Au fil des années, le regard porté sur la figure maternelle dans l'oeuvre de l'écrivain est toutefois devenu plus dur. Dans Un Pedigree (2005), Modiano dépeint une mère froide et avide, une "jolie fille au cœur sec".  
Sous couvert de fiction, elle et son compagnon Jean Cau sont également la cible d'attaques tardives dans L'Horizon (2010) : Bosmans, le personnage central qui présente de nombreux points communs avec Modiano, y est harcelé par une mère à la langue gutturale, accompagnée d’un homme en noir cambré comme un torero qui rappelle nettement Jean Cau. 

                A lire aussi : le journaliste Jean-Noël Mirande raconte sa rencontre avec Louisa Colpeyn, il y a quelques années, dans un hôpital parisien
 

2 commentaires:

  1. J’ai été très choqué par cette nouvelle puisque le passé 28 janvier j’ai parlé à Valence, dans une librairie, sur l’œuvre de Patrick Modiano (en qualité de traductrice au Catalan), avec le journaliste et lecteur passionné de cet auteur, et nous nous avons demandé ensemble si la mère de Modiano avait lu les portraits que son fils fait de sa figure, dont certains sont terribles, voire la mère de la Petite Bijou.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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