vendredi 7 août 2020

La jeunesse de Patrick Modiano évoquée par un témoin rare

Henri et Josée Bozo (D.R.)

C’est un témoin privilégié qui parle aujourd’hui. Un de ceux, de plus en plus rares, qui peuvent évoquer l’enfance de Patrick Modiano. 

Né en 1919, Henri Bozo est un ancien vétérinaire des haras nationaux. Avec son épouse Josée, il a bien connu Patrick Modiano et sa famille à partir de 1957.

C’est d’ailleurs à Henri et Josée Bozo, ainsi qu’à Rudy, que l’écrivain a dédié un de ses livres les plus forts, l'autofiction Livret de famille (1977). Il est également question du couple dans l’autobiographie Un pedigree (2005). Patrick Modiano y indique notamment avoir été « recueilli au haras de Saint-Lô par Josée et Henri B. », à Noël 1962 : « Ils étaient mon seul recours. »

A 101 ans, Henri Bozo a choisi de  raconter sa longue vie dans Je n’ai pas vu le temps passer, un livre coécrit avec Henri Romain Hours, et publié à compte d’auteur.  

L’ouvrage commence par évoquer le père d’Henri Bozo, un ponte de la stomatologie qui soignait les « gueules cassées » de la guerre de 1914-1918, notamment à Vichy, à l’endroit même où Pétain aura plus tard ses appartements. Enfant, Henri Bozo se rendait chez Georges Clemenceau pour lui livrer des dentiers confectionnés par son père... Il est aussi celui qui a fait pour la première fois jaillir l’eau de Volvic.  

La couverture du livre d'Henri Bozo
Le chapitre XX est essentiellement consacré à Patrick Modiano et sa famille. Début 1957, Henri Bozo rencontre celle qui va devenir sa seconde épouse, Josée, « une jolie femme, avec une classe naturelle, qui avait été un temps mannequin de cabine pour la maison Lanvin ». A l’époque, Josée est accompagnée d’un « adorable petit garçon » dont elle a la charge depuis environ deux ans : Rudy, le petit frère de Patrick Modiano. Atteint d’une leucémie, Rudy meurt peu après. 

Josée continue quelques temps à être employée par Albert et Luisa Modiano, « pour s’occuper de Patrick de manière ponctuelle. » Dans les années qui suivent, jusque vers le milieu des années 1960, « Patrick est souvent venu chez nous, pour des vacances », rapporte Henri Bozo, longtemps resté en relations avec lui, ainsi quavec Luisa Modiano jusqu’à son décès

Dans son livre, l’ancien vétérinaire se souvient des moments passés avec le futur écrivain, et mentionne les poèmes qu’écrivait alors le jeune Patrick à l’encre bleue : Le Prisonnier et l’étoile, Mythologie indienne... Un autre, sans titre, était simplement dédié « À Roudy ». 

Dans ses souvenirs, Henri Bozo évoque aussi assez longuement le père de Patrick Modiano et ses mystérieuses affaires. « Un jour où Albert Modiano était passé chez nous à Saint-Lô, j’étais en train de faire de modestes recherches personnelles sur la déshydratation des légumes, écrit-il. Il s’est montré intéressé par le procédé et a tout de suite pensé à son exploitation possible en Amérique du Sud »...

Le livre (208 pages) est disponible à la commande dans les librairies du réseau Hachette et sur les principaux sites de vente sur internet au prix de vente de 18 euros. Il est également accessible sur le site Bookelis.com

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