mercredi 16 novembre 2011

Raymond Aimos vu par Modiano

Aimos
Raymond Caudrilliers dit Aimos est un comédien français, né en 1889 ou 1891 en Picardie, et mort à Paris le 22 août 1944 dans des circonstances discutées.
Selon certains, il aurait été abattu en combattant en héros sur une barricade. Selon d’autres, il serait tombé victime d'un règlement de comptes.
Considéré comme un excentrique du cinéma français, un parfait titi parisien, il a joué dans une centaine de films, dont Quatorze juillet (1932), La Belle équipe (1936), La Route enchantée (1938), Ils étaient neuf célibataires (1939), etc.
« Pendant une quinzaine d’années, dégingandé, la mine chafouine, il occupe en permanence les écrans français", écrit Raymond Chirat dans Les Excentriques du cinéma français (Henri Veyrier, 1983). Il sacrifie pleinement aux traditions du titi grasseyant. Plus naïf qu’un Carette, moins roublard que Bussières, adepte d’une philosophie facile, il emporte l’adhésion avec ses compositions de clochard (…), de mécano (…), de pousse-cailloux (…) ou de vagabond ».

La mort mystérieuse d’Aimos a frappé Patrick Modiano, qui revient sur cet épisode dans plusieurs de ses livres.

Dans Dimanches d’août, Mme Villecourt parle d’Aimos à deux reprises :
« - C’est au sujet d’un autre artiste de cinéma que mon mari connaissait bien… Aimos… Raymond Aimos… Il habitait tout près d’ici, à Chenevières… Il a soi-disant été tué, à la libération de Paris, sur une barricade, par une balle perdue… (…) En fait, ça ne s’est pas du tout passé comme ça… C’est une sombre histoire… (…) C’était un règlement de comptes… A cause de certaines personnes qui fréquentaient Champigny et La Varenne pendant la guerre… Il les avait connues… Il savait des choses sur elles… Il entendait leurs conversations dans les auberges du coin… » (pp 162 et 177).

Dans Paris Tendresse, Modiano revient sur le sujet :
« Le comédien Aimos, celui de la « Belle Equipe », habitait les bords de Marne. On n’a jamais pu élucider les circonstances de sa mort – ou de son assassinat – en août 1944, sur une barricade, du côté de la gare du Nord, à l’heure où les jeunes gens fêtaient la Libération, debouts sur le lion de Denfert-Rochereau. Sans doute Aimos n’avait-il plus d’avenir car il en savait beaucoup trop long sur les défuntes années trente… »

Une version de la mort de Raymond Aimos, roulant à bord d’une traction-avant mitraillée par les Allemands, est incidemment fournie par Pierre Gérard dans La Guerre des cancres, de Bertrand Matot (Perrin, 2010), livre préfacé par Patrick Modiano.

A lire aussi : la filmographie d’Aimos, accompagnée de quelques éléments biographiques (Wikipedia).

La mort d'Aimos
annoncée dans la presse

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